Quatre conseils pour éviter les passages aux toilettes pendant la nuit et mieux dormir

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Mia

Se réveiller plusieurs fois pendant la nuit pour uriner peut perturber le sommeil et rendre les journées plus difficiles. Ce phénomène, appelé nycturie, concerne aussi bien les hommes que les femmes. Il peut être lié au vieillissement, à certaines habitudes alimentaires ou à différents problèmes de santé. Quelques changements dans le quotidien peuvent toutefois aider à limiter ces réveils nocturnes.

Les écrans, le stress, les pensées qui tournent en boucle ou encore les bruits environnants sont autant de facteurs susceptibles de perturber le sommeil. Mais chez certaines personnes, c’est la vessie qui provoque des réveils répétés. Et lorsqu’on se réveille en pleine nuit, il n’est pas toujours facile de retrouver rapidement le sommeil.

Lorsque ces réveils pour uriner deviennent réguliers, les professionnels de santé parlent de nycturie. Ce trouble ne se résume pas à un simple désagrément nocturne. Il peut affecter la qualité du sommeil, l’humeur et le bien-être général.

Benoit Peyronnet, professeur d’urologie spécialisé dans les troubles fonctionnels au centre hospitalier universitaire de Rennes, expliquait dans L’Édition du soir, en décembre 2024, que la nycturie pouvait avoir des conséquences importantes sur la santé. Avec l’âge, le fonctionnement de l’organisme évolue et la production nocturne d’urine peut augmenter. La sécrétion de l’hormone antidiurétique, qui contribue normalement à réduire la production d’urine pendant la nuit, diminue également chez certaines personnes.

Se lever occasionnellement pour aller aux toilettes n’est donc pas forcément inquiétant. En revanche, des réveils fréquents et persistants méritent une attention particulière, notamment lorsqu’ils entraînent une fatigue importante ou une dégradation de la qualité de vie.

La nycturie peut avoir plusieurs causes

La fréquence des réveils nocturnes augmente avec l’âge. Après 80 ans, la nycturie concernerait environ 40 % de la population, selon les données citées dans l’article d’origine.

Ce phénomène peut avoir différentes origines. Pendant longtemps, les troubles de la prostate ont été considérés comme une cause majeure des envies nocturnes d’uriner chez les hommes. Pourtant, ils n’expliqueraient qu’une partie des cas.

Les femmes peuvent elles aussi être concernées, parfois à une fréquence comparable à celle des hommes. Parmi les causes possibles figurent une production excessive d’urine pendant la nuit, une vessie hyperactive, certains troubles du sommeil ou encore l’apnée du sommeil.

La rétention de liquide dans les jambes peut également jouer un rôle. Lorsque la personne s’allonge, une partie de ce liquide peut retourner dans la circulation sanguine et être éliminée par les reins, ce qui augmente la production d’urine pendant la nuit.

Avant d’envisager un traitement médicamenteux ou une intervention, certaines mesures liées à l’hygiène de vie et à l’alimentation peuvent aider à réduire les symptômes. Leur efficacité dépend toutefois de la cause du problème.

Voici quatre conseils à connaître pour essayer de limiter les réveils nocturnes.

1. Éviter la caféine, l’alcool et les aliments épicés le soir

La quantité de liquide consommée en fin de journée peut influencer le nombre de fois où l’on se lève pendant la nuit. Il peut donc être utile de répartir les boissons sur la journée et d’éviter de boire de grandes quantités juste avant de se coucher.

Réduire les boissons en soirée peut aider certaines personnes à diminuer les réveils nocturnes. Il ne s’agit cependant pas de se priver d’eau lorsque l’on a soif, mais d’adapter ses habitudes en fonction de ses besoins.

Certaines boissons méritent également une attention particulière.

La caféine présente dans le café, le thé, certaines boissons énergisantes et plusieurs sodas peut favoriser l’éveil et avoir un effet diurétique chez certaines personnes. Consommée en fin de journée, elle risque donc de perturber à la fois le sommeil et les habitudes urinaires.

L’alcool peut lui aussi augmenter la production d’urine et fragmenter le sommeil. Même si certaines personnes ont l’impression de s’endormir plus facilement après avoir bu, leur repos nocturne peut être moins réparateur.

Les aliments épicés peuvent irriter la vessie chez certaines personnes sensibles et accentuer les envies urgentes d’uriner. Si vous remarquez un lien entre leur consommation et vos symptômes, il peut être utile d’en réduire la quantité au dîner.

Pour mieux dormir, vous pouvez notamment essayer de limiter le café en fin de journée, d’éviter l’alcool le soir et de privilégier un repas moins épicé lorsque vous constatez que ces produits aggravent vos symptômes.

2. Réduire le sel et adapter les repas du soir

La consommation de sel peut également influencer l’équilibre des liquides dans l’organisme. Une alimentation trop salée favorise la soif et peut entraîner une rétention d’eau chez certaines personnes. Lorsque le corps élimine ensuite une partie de ces liquides, la production d’urine peut augmenter.

Réduire les aliments très salés constitue donc une mesure intéressante pour la santé générale et peut être utile dans certaines situations de nycturie.

Il est notamment possible de limiter :

  • Les plats préparés riches en sodium.
  • Les charcuteries et les viandes transformées très salées.
  • Les chips et les biscuits apéritifs salés.
  • Les sauces industrielles contenant beaucoup de sel.
  • Les aliments auxquels on ajoute systématiquement du sel à table.

L’objectif n’est pas de supprimer complètement le sel, mais d’éviter les excès et de privilégier une alimentation équilibrée.

Il peut également être utile d’observer la quantité de liquide consommée au dîner. Les soupes, les bouillons et les boissons prises en grande quantité juste avant le coucher peuvent augmenter le volume de liquide à éliminer pendant la nuit.

Les aliments riches en eau, comme le melon ou la tomate, ne sont pas nécessairement à bannir. Il est surtout intéressant de tenir compte de la quantité consommée et de l’heure du repas lorsque l’on remarque qu’ils semblent aggraver les symptômes.

Enfin, une restriction excessive de l’eau n’est pas recommandée. Une hydratation insuffisante peut entraîner d’autres problèmes de santé. Les personnes souffrant d’une maladie rénale, cardiaque ou d’une autre affection nécessitant une gestion particulière des liquides doivent suivre les recommandations de leur professionnel de santé.

3. Essayer une sieste pour limiter la rétention de liquide dans les jambes

Chez certaines personnes, les envies nocturnes d’uriner sont liées à une accumulation de liquide dans les membres inférieurs au cours de la journée.

Ce phénomène peut notamment se produire lorsque l’on reste longtemps debout ou assis. Le liquide s’accumule alors dans les jambes et les chevilles. Une fois allongé, il peut rejoindre plus facilement la circulation sanguine avant d’être filtré par les reins.

Cette redistribution des liquides peut contribuer à augmenter la production d’urine pendant la nuit.

Plusieurs habitudes peuvent aider à limiter ce phénomène.

Marcher en fin de journée peut favoriser la circulation sanguine et le retour veineux. Une activité physique adaptée, même modérée, peut être bénéfique pour les personnes qui passent beaucoup de temps assises.

Surélever les jambes pendant un moment, par exemple en regardant la télévision, peut également aider à réduire l’accumulation de liquide dans les membres inférieurs. Il est préférable de choisir une position confortable et de ne pas forcer si cette posture provoque une gêne.

Faire une courte sieste en position allongée peut aussi contribuer à redistribuer les liquides avant la nuit. Cette solution ne convient toutefois pas à tout le monde et son intérêt dépend de la cause des symptômes.

Enfin, les bas ou les chaussettes de compression peuvent être utiles dans certaines situations, notamment en cas de problèmes veineux. Leur utilisation doit être adaptée aux besoins de la personne et, si nécessaire, conseillée par un professionnel de santé.

Si les jambes ou les chevilles gonflent régulièrement, il est important d’en parler à un médecin. Un œdème peut parfois être associé à un problème circulatoire, cardiaque, rénal ou à un autre trouble nécessitant une évaluation médicale.

4. Renforcer le plancher pelvien

Le plancher pelvien est constitué de muscles et de tissus qui soutiennent notamment la vessie et participent au contrôle de la continence urinaire.

Lorsque ces muscles perdent de leur tonicité, certaines personnes peuvent ressentir des difficultés à contrôler leurs envies d’uriner. Ce phénomène peut notamment apparaître après une grossesse ou un accouchement, avec l’âge ou dans certaines situations médicales.

Le renforcement du plancher pelvien peut alors être utile, en particulier lorsque les troubles urinaires sont liés à une faiblesse musculaire.

Les exercices consistent généralement à contracter les muscles du périnée, à maintenir brièvement la contraction, puis à relâcher complètement. Ils doivent être réalisés correctement et régulièrement pour pouvoir apporter un bénéfice.

Un kinésithérapeute spécialisé dans la rééducation périnéale peut apprendre à reconnaître les bons muscles et proposer des exercices adaptés. Cet accompagnement est particulièrement intéressant lorsque la personne ne sait pas si elle effectue correctement les contractions.

Il est important de ne pas confondre le renforcement du plancher pelvien avec le traitement de toutes les causes de nycturie. Ces exercices ne permettent pas nécessairement de réduire les réveils lorsque ceux-ci sont dus à une production excessive d’urine pendant la nuit, à une apnée du sommeil ou à une autre maladie.

Le choix des exercices doit donc tenir compte de l’origine du trouble et des besoins de chaque personne.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Même si certaines habitudes peuvent aider à limiter les réveils nocturnes, il ne faut pas négliger une nycturie fréquente ou persistante. Ce symptôme peut parfois révéler un problème de santé sous-jacent.

Il est conseillé de consulter un médecin lorsque les réveils deviennent réguliers, perturbent fortement le sommeil ou s’accompagnent d’autres symptômes, comme une soif excessive, des douleurs en urinant, une difficulté à vider la vessie ou une fatigue inhabituelle.

Le médecin pourra rechercher les causes possibles en tenant compte de l’âge, des traitements pris, des habitudes de consommation et des éventuels problèmes de santé.

Un outil simple peut également aider au diagnostic : le calendrier mictionnel. Il consiste à noter les heures auxquelles on urine, les quantités éliminées et, si nécessaire, les boissons consommées. Ces informations permettent au professionnel de santé de mieux comprendre le rythme urinaire et d’orienter les examens.

Selon les résultats, une prise en charge spécifique pourra être proposée. Elle peut notamment concerner la vessie, le sommeil, la circulation sanguine ou une maladie responsable d’une production excessive d’urine.

Conclusion

Se réveiller plusieurs fois par nuit pour aller aux toilettes peut nuire au sommeil et au bien-être quotidien. Réduire les boissons en fin de soirée sans se déshydrater, limiter la caféine et l’alcool, modérer le sel, favoriser le retour des liquides depuis les jambes et renforcer le plancher pelvien lorsque cela est indiqué peuvent aider certaines personnes.

Cependant, ces mesures ne remplacent pas un avis médical lorsque les symptômes persistent. La nycturie peut avoir plusieurs causes et nécessite parfois une prise en charge spécifique. En cas de réveils fréquents, un médecin pourra vous aider à identifier leur origine et à trouver une solution adaptée.

Mia

Rédactrice de contenu créative et passionnée, elle adore transformer les idées en histoires claires et captivantes. Elle écrit des articles de blog et des articles de fond qui touchent ses lecteurs. Elle veille à ce que chaque contenu soit bien structuré et facile à comprendre. Grâce à sa plume, notre marque partage des informations utiles et construit des relations solides avec son audience.

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