En bref Le parc national des Pics d’Europe, situé à seulement quelques heures de route de la France, a récemment été désigné comme l’un des plus beaux endroits du monde par le magazine Time Out.
L’essentiel en 3 points
- Le parc national des Pics d’Europe, dans le nord de l’Espagne, a occupé la première place du classement des 51 plus beaux sites du monde établi par Time Out en mars 2024, devant plusieurs destinations mondialement réputées.
- Ce massif calcaire de 65 000 hectares réunit lacs glaciaires, gorges profondes et falaises impressionnantes, tout en abritant une faune remarquable comme l’ours brun, le chamois cantabrique et le grand tétras.
- Classé Réserve de biosphère par l’Unesco en 2003, le parc offre de nombreuses expériences, de la célèbre Ruta del Cares au téléphérique de Fuente Dé, qui atteint 1 823 mètres d’altitude.
65 000 hectaresSuperficie du parc national des Pics d’Europe
À quelques heures de la frontière française, un parc national situé dans le nord de l’Espagne s’est retrouvé propulsé parmi les plus beaux paysages de la planète.
Le magazine américain Time Out a placé le parc national des Pics d’Europe au sommet de son classement des 51 plus beaux endroits du monde, devant plusieurs destinations pourtant célèbres à l’échelle internationale. Cette distinction attire l’attention sur un massif encore relativement discret auprès des voyageurs français, installé entre les Asturies, la Cantabrie et la Castille-et-León, au nord de l’Espagne.
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Un parc espagnol distingué par Time Out
Le 17 mars, le média américain Time Out a publié son classement des « 51 plus beaux endroits de la planète ». À la première place, devant des paysages réputés d’Indonésie ou encore des sites culturels comme la Morgan Library and Museum de New York, apparaît un territoire encore peu connu du grand public : le parc national des Pics d’Europe, en Espagne.
Time Out présente les Pics d’Europe comme « le plus beau lieu du monde » dans son classement 2024 consacré aux 51 sites à découvrir sur Terre.
Ce massif calcaire se situe à quelques heures seulement de la frontière française, sur la façade septentrionale de la péninsule Ibérique. Pendant longtemps éloigné du tourisme de masse, il est surtout fréquenté par les passionnés de randonnée, d’alpinisme et de paysages naturels, à distance des stations balnéaires très fréquentées du littoral méditerranéen.
Un écosystème d’une richesse exceptionnelle dans le nord espagnol
Avec une superficie légèrement supérieure à 65 000 hectares, le parc national des Pics d’Europe s’étend sur trois communautés autonomes : les Asturies, la Cantabrie et la Castille-et-León. Il rassemble des forêts de chênes, des vallées verdoyantes et des reliefs particulièrement accidentés, parfois rapprochés des paysages des Dolomites italiennes.
Le massif est traversé par de nombreuses gorges profondes façonnées au fil du temps par l’action de l’eau et des glaciers. Son sommet le plus élevé, la Torre de Cerredo, culmine à 2 648 mètres. Le territoire a obtenu le statut de parc national en 1995 avant d’être désigné Réserve de biosphère par l’Unesco en 2003, distinction attribuée aux espaces où conservation environnementale et activités humaines peuvent coexister.
Les Pics d’Europe constituent également un refuge important pour plusieurs espèces animales rares en Europe occidentale. Parmi elles figurent :
- le chamois cantabrique, particulièrement bien adapté aux reliefs escarpés ;
- le grand tétras, également appelé coq de bruyère, dont les populations ont fortement diminué en Europe ;
- l’ours brun, représenté par quelques individus dans cette partie de la cordillère Cantabrique.
Le massif accueille également différents rapaces, cerfs, chevreuils et de nombreux oiseaux adaptés aux milieux montagneux. Les forêts et pâturages d’altitude conservent par ailleurs une activité pastorale traditionnelle, notamment avec l’élevage des bovins et des ovins dans les villages installés sur les versants.
Des paysages impressionnants entre lacs glaciaires et falaises verticales
Si Time Out a placé les Pics d’Europe en tête de sa sélection, c’est notamment en raison de la diversité exceptionnelle de ses paysages. Le parc rassemble des lacs glaciaires, des falaises imposantes, des crêtes rocheuses et des canyons profonds dans un espace relativement concentré.
Lacs Enol et Ercina, Naranjo de Bulnes, Ruta del Cares et téléphérique de Fuente Dé : plusieurs des sites emblématiques du parc se trouvent à relativement faible distance les uns des autres.
Au centre du massif, les lacs d’Enol et d’Ercina, hérités de l’activité glaciaire, proposent un décor très éloigné de l’image traditionnelle de l’Espagne tournée vers ses plages. Installés dans un environnement pastoral, ils sont entourés de prairies où évoluent les troupeaux, tandis que les sommets calcaires peuvent rester enneigés durant une partie de l’année.
Le Naranjo de Bulnes constitue un autre symbole du massif. Ce sommet reconnaissable se caractérise par une imposante paroi presque verticale dominant la vallée. Très apprécié des grimpeurs espagnols, il représente également un repère incontournable pour les randonneurs grâce à sa silhouette massive et spectaculaire.
La Ruta del Cares, l’un des grands itinéraires des Pics d’Europe
Parmi les sentiers qui ont contribué à la renommée du parc, la Ruta del Cares occupe une place majeure. Cet itinéraire d’environ 12 kilomètres traverse le spectaculaire canyon formé par la rivière Cares, entre les villages de Caín et de Poncebos.
Le chemin, aménagé directement dans la roche, domine parfois le vide de plusieurs centaines de mètres. Les marcheurs profitent de panoramas impressionnants sur les parois verticales qui entourent le cours d’eau, situé très en contrebas dans la gorge. Malgré son aspect vertigineux, l’itinéraire peut être parcouru par de nombreux randonneurs sans équipement technique, à condition d’être à l’aise sur des passages étroits et exposés.
La Ruta del Cares figure parmi les promenades les plus populaires du parc, particulièrement pendant les périodes de forte fréquentation, car elle permet de découvrir l’intérieur du massif sans disposer de matériel d’alpinisme. Elle apparaît également parmi les paysages utilisés par Time Out pour illustrer sa sélection.
Fuente Dé : un téléphérique au cœur des hauteurs
Le téléphérique de Fuente Dé constitue un autre site majeur présenté dans les informations consacrées au parc. En seulement quelques minutes, l’installation transporte les visiteurs jusqu’à 1 823 mètres d’altitude, au-dessus d’une vallée encaissée.
Le téléphérique de Fuente Dé offre aux visiteurs peu habitués à la montagne la possibilité d’atteindre rapidement un point de vue situé à plus de 1 800 mètres d’altitude.
À la station supérieure, une plateforme aménagée permet de contempler largement les sommets, les vallées et les impressionnantes formations rocheuses. Le site sert de point de départ à plusieurs parcours de randonnée sur les hauteurs, mais peut également être apprécié comme simple belvédère pour ceux qui souhaitent surtout profiter du panorama.
Grâce aux lacs d’origine glaciaire, aux chemins suspendus au-dessus des vallées et au téléphérique, le parc offre donc différentes façons de découvrir la montagne, adaptées à des niveaux d’effort et d’expérience très différents.
Ce que cette distinction pourrait changer pour le tourisme espagnol
La sélection de Time Out pourrait renforcer l’attractivité touristique du nord de l’Espagne. Depuis plusieurs années, les Asturies et la Cantabrie développent une image fondée sur les espaces naturels, les montagnes et un littoral généralement moins saturé que certaines zones méditerranéennes.
Une visibilité internationale accrue pourrait attirer davantage de visiteurs étrangers, souvent davantage tournés vers Barcelone, Madrid ou les grandes stations balnéaires. Cette nouvelle notoriété soulève toutefois une question importante : comment gérer l’augmentation potentielle de la fréquentation dans un territoire protégé tout en conservant ses équilibres naturels et pastoraux ?
Les gestionnaires du parc devront donc continuer à concilier fréquentation touristique et contraintes liées au statut de Réserve de biosphère. Cela peut notamment concerner la circulation automobile sur certains axes, le stationnement à proximité des lacs ou du téléphérique, la protection de la faune sauvage et la sensibilisation des randonneurs aux dangers liés à la montagne.
À environ 6 heures de route de la France : une destination relativement accessible
Pour les voyageurs français, cette distinction concerne un site relativement proche. Selon Time Out, le parc peut être rejoint en environ six heures de route depuis la frontière française. Depuis le sud-ouest de la France, l’itinéraire passe notamment par le Pays basque et la côte cantabrique avant de rejoindre les vallées conduisant vers le massif.
À la différence de destinations très éloignées comme Komodo, en Indonésie, cette escapade ne demande donc ni vol intercontinental ni logistique particulièrement complexe. Il faut toutefois garder à l’esprit que les Pics d’Europe restent un environnement de montagne, avec des conditions qui peuvent évoluer rapidement : météo changeante, neige encore présente au début de certaines saisons, passages étroits et forte humidité dans les gorges.
| Élément | Parc national des Pics d’Europe |
|---|---|
| Pays | Espagne |
| Superficie | Environ 65 000 hectares |
| Point culminant | Torre de Cerredo (2 648 m) |
| Classement | Parc national depuis 1995, Réserve de biosphère Unesco depuis 2003 |
| Sites majeurs | Lacs Enol et Ercina, Naranjo de Bulnes, Ruta del Cares, téléphérique de Fuente Dé |
Quelle place occupent les parcs nationaux en France ?
En France, les parcs nationaux sont notamment accompagnés par l’Office français de la biodiversité et disposent eux aussi de dispositifs de protection importants. Ils couvrent différents environnements, depuis les grands massifs montagneux comme la Vanoise, les Écrins, le Mercantour et les Pyrénées jusqu’aux espaces littoraux comme Port-Cros et les Calanques, sans oublier les territoires ultramarins.
À l’image des Pics d’Europe en Espagne, ces espaces français cherchent à maintenir un équilibre entre accueil des visiteurs, protection des écosystèmes et maintien des activités économiques locales, notamment l’agropastoralisme. Les règles peuvent varier selon les secteurs et concerner le bivouac, la circulation motorisée, la cueillette ou certaines pratiques sportives.
Pour un voyageur français attiré par les paysages distingués par Time Out, les Pics d’Europe peuvent rappeler certains massifs alpins ou pyrénéens par leurs vallées encaissées, leurs forts dénivelés et leur faune montagnarde. Le massif espagnol possède cependant une identité particulière grâce à son relief karstique très développé et à sa proximité avec l’océan Atlantique, qui influence directement son climat et sa végétation.
Préparer son séjour : météo, saison et activités à privilégier
Une sortie sur la Ruta del Cares ou une montée avec le téléphérique de Fuente Dé mérite la même préparation qu’une excursion classique en montagne. Même si les altitudes restent inférieures à celles de certains sommets alpins, les conditions météorologiques peuvent changer rapidement, notamment au printemps et à l’automne sous l’influence du climat océanique.
Avant de partir, les visiteurs ont intérêt à vérifier les conditions des sentiers, les éventuelles restrictions temporaires ainsi que les modalités de stationnement, surtout autour des secteurs très populaires comme les lacs d’Enol et d’Ercina. Des chaussures adaptées, une tenue permettant de faire face aux changements de météo et une quantité suffisante d’eau restent recommandées, même pour les itinéraires présentés comme relativement faciles.
La randonnée et l’alpinisme ne sont pas les seules activités possibles. Selon les secteurs et les règles locales, les visiteurs peuvent également s’intéresser à l’observation de la faune, parcourir certaines routes à vélo, découvrir les villages de montagne ou goûter aux spécialités fromagères locales, dont certaines sont réputées bien au-delà des Asturies et de la Cantabrie.
Pour les Français et plus largement pour les voyageurs européens, le classement de Time Out offre donc une nouvelle visibilité à un massif qui était jusqu’ici relativement discret. Il met en avant une destination nature accessible en voiture, tout en rappelant que les espaces protégés restent vulnérables et que leur découverte doit s’accompagner d’un comportement respectueux de l’environnement, des habitants et des activités locales.
Questions fréquentes
Où se trouve exactement le parc national des Pics d’Europe ?
Le parc est situé dans le nord de l’Espagne, au sein de trois communautés autonomes : les Asturies, la Cantabrie et la Castille-et-León. Il se trouve à quelques heures de route seulement de la frontière française.
Quels animaux peut-on observer dans les Pics d’Europe ?
Les Pics d’Europe accueillent notamment le chamois cantabrique, le grand tétras, également appelé coq de bruyère, ainsi que l’ours brun. Le territoire abrite aussi différents rapaces, cerfs, chevreuils et de nombreuses espèces d’oiseaux montagnards.
Qu’est-ce que la Ruta del Cares ?
La Ruta del Cares est l’un des itinéraires les plus célèbres du parc. Elle s’étend sur environ 12 kilomètres à travers un canyon creusé par la rivière Cares. Une partie du sentier est directement aménagée dans la roche et domine parfois le vide de plusieurs centaines de mètres.
Le parc était-il connu avant le classement de Time Out ?
Avant cette distinction, le parc national des Pics d’Europe était surtout connu des amateurs de randonnée, d’alpinisme et de nature. Il était beaucoup moins présent dans les circuits touristiques de masse que certaines autres destinations espagnoles, notamment les grandes villes et les régions côtières.
Comment accéder aux hauts plateaux du parc sans être un randonneur expérimenté ?
Le téléphérique de Fuente Dé permet de rejoindre en quelques minutes une altitude de 1 823 mètres. Sa plateforme supérieure offre un vaste panorama sur les sommets et les vallées, permettant de découvrir les paysages d’altitude sans effectuer une longue ascension à pied.





